SOCIETE : Toujours plus de pauvre

Publié le par Union des Démocrates Herbinois

Les statistiques d'accueil pour 2009 publiées par le Secours Catholique confirment les effets violents de la crise économique et financière sur la société française.

Aider les pauvres : cette exigence de tous les temps est une tâche écrasante pour les organisations qui s'y consacrent. Le rapport annuel du Secours Catholique en apporte une nouvelle preuve. Après l'amélioration constatée en 2007, la pauvreté augmente pour la deuxième année consécutive : en 2009 l'organisation caritative a enregistré 637 200 situations de pauvreté qui affectent 1 480 000 personnes ( 798 000 adultes et 682 000 enfants), soit 80 000 personnes de plus que l'an dernier.

Le Secours Catholique remplit donc un service considérable puisqu'il aide presque 1,5 millions de personnes sur les 8 millions de pauvres que compte notre pays. Ses responsables s'attendent à redoubler d'efforts car les mesures d'austérité budgétaire, qui se traduiront par une réduction des aides publiques, reporteront un poids supplémentaire de misère sur les organisations caritatives.

Comme tous les autres rapports publiés en 2010, celui du Secours Catholique constitue un cri d'alarme. La pauvreté touche des personnes de plus en plus jeunes. On constate aussi que la pauvreté touche de plus en plus de couples avec enfants, et que les femmes sont majoritaires parmi les personnes aidées : elles représentaient 54,4 % des adultes accueillis en 2008 et 55,1% l'année dernière.

Alors que le seuil de pauvreté est estimé en 2009 à 970 euros par mois, le niveau de vie moyen des personnes rencontrées par le Secours Catholique se situe à 548 euros.

Les constats du Secours Catholique sont confirmés par l'INSEE, qui vient de publier son "portrait social" de la France pour 2010. Le rapport insiste sur le fait que la pauvreté ne se mesure pas seulement au montant de la feuille de paie et/ou des allocations reçues : est pauvre celui qui est privé des conditions de son bien-être. Le cas limite est celui du cadre qui perçoit un salaire convenable mais qui dort dans sa voiture car il ne peut plus accéder à la location.

On peut aussi habiter un studio et ne pas manger à sa faim.

Les dépenses contraintes (loyer, remboursements de crédits), le découvert bancaire, le divorce et bien d'autres facteurs (la fatigue due à l'âge) peuvent aggraver une situation qui, du point de vue des chiffres, paraît supportable.

Cette situation désastrueuse est partiellement compensée par la solidarité familiale, par l'entraide entre ceux qui sont en "galère" mais aussi par une débrouillardise qui prend des formes plus ou moins légales.

Les pouvoirs publics sont d'ailleurs tentés d'en tirer argument pour réduire les dispositifs de protection sociale.

Les politiques de l'emploi, de la santé publique, du logement relève de l'Etat et le gouvernement ne peut les sacrifier à la rigueur.

Les économies faites dans ces domaines coûteront cher à la collectivité nationale dans dx ou vingt ans : par exemple la malnutrition peut provoquer des maladies graves qu'il faudra rembourser à 100%.

Dans le domaine social aussi, il faut que l'action publique s'inscrive dans le long terme.

 

 

Edito d' Emilia NETO

Conseillère municipale de Saint-Herblain

Groupe UDH - Alliance Centriste

Publié dans Politique nationale

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article