POLITIQUE : Verts paradoxes

Publié le par Union des Démocrates Herbinois

La catastrophe de Fukushima avait concentré l'attention sur les partis écologistes en Europe et leurs dirigeants avaient cru qu'ils allaient bénéficier d'une vague verte. Puis les médias sont passés à d'autres sujets et les Verts français sont à nouveau confrontés à leurs difficultés endémiques.

 

La première a été la tournure prise par la campagne pour les primaires. Au lieu d'un débat de fond, l'attention s'est portée exclusivement sur les deux principales personnalités en concurrence : Eva Joly et Nicolas Hulot. Alors que les écologistes militants invoquaient les vertus du collectif et se voulaient différents des autres partis, ils se sont laisser emporter comme les autres par la logique médiatique. Pour finalement rejeter le plus médiatique de leurs candidats potentiels et ainsi, probablement, sacrifier en même temps la possibilité de faire un score honorable.

 

La deuxième difficulté est qu'ils sont toujours en situation d'infériorité par rapport au Parti socialiste. Dans le meilleur des cas, les écologistes peuveut constituer un groupe charnière à l'Assemblée Nationale.

 

La troisième difficulté tient au programme. Nombre de propositions suscitent l'adhésion d'une partie importante de l'opinion : recruter plus d'enseignants, taxer les transactions financières, combattre les paradis fiscaux, lutter contre le gaspillage, renforcer les pouvoirs de l'ONU...mais ce type de propositions figure déjà ou peut figurer dans le programme d'un candidat socialiste. Même la partie spécifique du programme, qui consiste à "mettre l'économie au service de l'écologie" a été récupérée sous diverses formes par divers partis.

Quant aux propositions qui concernent l'Europe, elles semblent avoir été rédigées avant la crise de la zone euro : les Verts souhaitent le" renforcement des pouvoirs du Parlement européen et du rôle de l'Europe sur la politique économique" sous l'égide d'une Banque centrale européenne (BCE) dont l'indépendance serait maintenue... Or nous constatons actuellement que la monnaie unique est l'enjeu d'une négociation complexe entre les Etats, la BCE et les banques privées sous l'égide du Fonds monétaire international.

Quant à la politique monétaire pour défendre l'euro ( puisque cette monnaie n'est pas contestée par les Verts), le parti écologiste n'apporte pas de contribution marquante au débat.

 

Sur leur thème favori, la sortie du nucléaire, les verts voudraient imposer leurs vues aux socialistes mais les futurs électeurs aimeraient savoir comment ils conçoivent la politique générale de l'énergie dans des sociétés qui ont été développées sur la base d'une énergie peu chère et sur des marchés très concurrentiels où tous les coups sont permis (par exemple le sacrifice de l'environnement).

 

Les Verts risquent donc d'être marginalisés : de "petits candidats" de droite et de gauche vont invoquer la protection économique de la nation française. les grands partis vont concevoir leur stratégie en foction du Front national et, si la crise de la zone euro s'aggrave, ils seront obligés d'avancer des propositions techniques et politiques sans rapport avec les préoccupations habituelles des Verts.

 

 

Emilia NETO

Conseillère municipale

Groupe UDH - Alliance Centriste

Publié dans Politique nationale

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article