POLITIQUE : la règle d'or

Publié le par Union des Démocrates Herbinois

A la fin de l'été et surtout à l'automne, on parlera beaucoup de la règle d'or. L'expression est jolie, sinon familière, mais elle renvoie à une question, en tous points austère, de finances publiques. La règle d'or, c'est le principe de l'équilibre des finances publiques : ni déficit, ni excédent !

Lorsqu' il était ministre des Finances, sous De Gaulle, Valéry Giscard d'Estaing avait souhaité l'adoption d'une telle règle, au nom d'un libéralisme conséquent. Mais la doctrine dominante était celle de John Maynard Keynes et l'on enseignait que le déficit du budget était utile pour relancer l'économie par le financement d'investissements productifs.

 

Près d'un demi-siècle plus tard, la règle d'or a ressurgi et se présente comme une nécessité pour les pays européens en proie à un endettement colossal. Madame Merkel la préconise et le gouvernement français y a ralié la majorité parlementaire sans trop de difficultés car se sont maintenant les principes du libéralisme économique qui prévalent et qui assurent la bonne réputation des Etats auprès des agences de notation et des marchés financiers.

Le parlement français a adopté le 13 juillet le projet sur l'équilibre budgétaire, qui implique une réforme constitutionnelle.

 

Il faudra donc réunir les deux assemblées en Congrès à Versailles, et obtenir une majorité des 3/5èmes.

Il est clair que la règle d'or ne pourra pas être appliquée avant de nombreuses années.

Mais tel n'est pas le premier objectif du gouvernement : en pleine crise de la dette publique, alors que la France peut être menacée par la spéculation si l'Espagne et l'Italie ne parviennent pas à s'en préserver, l'important est d'adresser un message de fermeté aux milieus financiers afin qu'ils ne poussent pas à la hausse les taux d'intérêts.

 

Le débat s'en trouve faussé. La droite pose un principe mais les dirigeants savent qu'ils seront obligés de la transgresser. La gauche conteste ce principe mais elle dit déjà qu'il lui faudra entreprendre une politique de rigueur, donc viser l'équilibre budgétaire, si elle gagne les élections. François Hollande a indiqué que sa "première priorité sera de réduire et de maîtriser la dette publique". Martine Aubry sait également que les lendemains de son hypothétique élection seront durs et elle plaide pour un partage équitable des sacrifices entre les divers groupes sociaux. La gauche compte sur une réforme fiscale pour parvenir à ce but.

 

Les socialistes sont donc rigides dans leur refus de la règle d'or, mais ils sont pragmatiques quant à la politique budgétaire qu'ils mettraient effectivement en oeuvre. Mais cette rigidité pourrait inciter le président de la République à différer la convocation du Congrès car le rejet de la réforme lui porterait préjudice à quelques mois de l'élection présidentielle. Cette attitude permettrait d'accuser les socialistes d'irresponsabilité. Ces manoeuvres complexes se déroulent en une sorte de huis clos et il est peu probable que ces citoyens s'en mêleront. C'est après les élections législatives qu'ils seront directement impliqués dans une thérapie de choc qui, de droite ou de gauche, sera durement ressentie.

 

 

Emilia NETO

Conseillère municipale

Groupe UDH - Alliance Centriste

Publié dans Finances

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