Etranges primaires au PS

Publié le par Union des Démocrates Herbinois

C'est un curieux spectacle que nous donnent les socialistes depuis quelques jours. Il y a eu d'abord les propos de Claude Bartolone sur une éventuelle "entente" à l'occasion des "primaires" entre Martine Aubry et Dominique Strauss-Kahn, puis les réactions des éventuels candidats et de leur entourage.

En l'occurrence, Martine Aubry, même si elle a prudemment botté en touche, a eu les mots du bon sens en rappelant que la présidentielle de 2012 n'était pas encore gagnée et qu'il fallait encore montrer la cohérence du projet socialiste. De son côté, François Hollande a fort pertinemment rappelé la nécessité d'en finir au plus vite avec "le flou dans l'organisation de cette procédure".

Visiblement, le PS, dans l'euphorie des sondages, a oublié les leçons des primaires de 2006. Cette année-là, Ségolène Royal avait bien été désignée à une large majorité, mais la campagne de ces primaires avait laissé des cicatrices profondes au sein même des socialistes, des cicatrices qui ont pesé lourd dans la défaite de 2007. Il ne suffit pas de plaire aux militants ou aux adhérents pour plaire aux Français.

Plus grave encore, les querelles autour du congrès de Reims et de la désignation de Martine Aubry font peser un lourd soupçon sur l'organisation de ces primaires qui, avant même leur organisation, ressemblent déjà plus à une bataille d'états-majors qu'a un véritable débat démocratique. Quant au débat d'idées, il paraît singulièrement confus, ne serait-ce que par le silence assourdissant de l'un des favoris, Dominique Strauss-Kahn, retranché sur son Aventin du FMI.

Le problème est d'autant plus crucial que le choix du candidat (ou de la candidate) impliquera une inflexion politique notable du Parti Socialiste. Entre une orientation de cntre-gauche (DSK), clairement assumée, et les gages donnés à la gauche radicale (pour les autres), il faudra choisir, au risque de décevoir les militants ou d'inquiéter les électeurs. Le grand risque pour le PS serait, est déjà même, de s'enfermer dans une culture d'opposition. On n'élabore pas un projet en manifestant dans les rues.

En 2012, le PS aura été écarté du pouvoir pendant dix ans. C'est assez pour perdre une culture de gouvernement. Il n'est pas dit que les primaires telles qu'elles se préparent lui permettent de retrouver sa crédibilité.

 

Anthony PIQUET

Collaborateur du groupe UDH-Alliance Centriste

Publié dans Politique nationale

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